Jeudi 21 et Vendredi 22 février
Le but de cette étape est de nous laisser gérer notre propre parcours sur deux jours, 573 km dont 219 de pistes, et de mettre en place notre propre bivouac.
Bien que le joint de culasse de la 740 et le ventilo de la 739 soient neufs, nos autos "ont pris cher" le premier jour, à rouler à 30 km/h maximum, dans la poussière et les caillous. Nous avons
donc établi le rythme suivant : 10-15 km de piste = 20-30 min de pause pour faire refroidir le moteur. Heureusement qu'il faisait frais dehors car en période estivale, le trajet aurait tout
simplement été impossible.
Nous avons aussi bricolé notre cable d'accélérateur : une réparation express grâce au bon domino de Didier !
Malgré notre rythme d'enfer, nous n'étions pas derniers : les casses de chassis dans les caillous ont été bien nombreuses...sans compter les pots d'échappement explosés.
Nous avions pour consigne de nous arrêter une fois la nuit tombée, sous peine d'être disqualifié, pour des raisons évidentes de sécurité pour nous, et pour les personnes sans lumière qui se
promenaient le long de la piste au beau milieu du désert. C'est donc au km 150, vers 18h, que nous nous sommes arrêtés, après 3 guet-appents, dont 2 avec ouverture de coffre, des dizaines de
villages perdus au milieu de nulle part, et des milliers de petits enfants "Donne moi un stylo !".
Nous avons choisi un emplacement plat et sans trop de pierraille, entre deux montagnes, aussi loin que nous avons pû des villages et des pillages éventuels...
D'autres équipages avec qui nous avons fait plus ou moins la route nous rejoignent d'abord, puis des voitures de mécanos et de l'organisation vers 21h, pour travailler sur des 4L qui sont arrivées
avec eux.
Lellouya et moi nous occupons (bien sûr) du feu : nous trouvons un buisson mort au milieu des caillous, et Lellouya, en mode "cro-magnon du désert", le "cueille" à l'aide d'une pierre pointue.
[i] ! Petite anecdote ! :c'est à cette occasion qu'il a la fabuleuse idée de perdre son portable...Donc s'il ne vous a pas appelé ce n'est pas par manque d'amour mais par manque de téléphone.
[/i]
Après un repas-boite, nous nous occupons d'allumer notre petit feu, qui ne tarde pas à attirer deux jeunes bergers (15 et 23 ans) avec qui nous discutons un peu autour du feu. Belle rencontre! Ils
nous sortent quelques noms français qu'ils connaissent : "Jacques Chirac, Sarkouzy". Enfin, nous ne tardons pas à nous coucher : la journée a été bien fatigante, et celle du lendemain le sera bien
plus.
Nous nous réveillons à l'aube et nous partons directement. Le départ se fait plutôt pas mal : nous arrivons à faire 50 km sans arrêt, mais nous reprenons notre rythme de la veille assez rapidement.
Nous trouvons néanmoins un petit truc : pour optimiser le refroidissement, nous passons nos ventilateurs à la pompe à pied munie de l'embout à matelas gonflable (très fin) pour y enlever le sable.
Les quantités que nous soufflons sont assez impressionnantes ! Et en effet, le résultat se fait sentir : nous chauffons bien moins.
Nous atteignons donc Zagora et la route bitumée vers midi. Il nous reste 8h (prévision de l'organisation) pour arriver dans notre hôtel à Marrakech, en passant par les montagnes et le col du
Tichker, Agdz et Ouarzazate.
C'est dans une descente que nous explosons le pot. Nous avons maintenant nous aussi une 4L-Formule 1 !...enfin elle en a le bruit...
Nous ne nous arrêtons rarement mais nous nous faisons prendre par la nuit, et nous ne sommes qu'à 300km de Marrakech. Malheureusement, le sable nous a encrassé les essuies-glace qui ne fonctionnent
plus; or il se met a pleuvoir au beau milieu du désert ! De plus, nos phares ont aussi souffert dans les pistes et ne fonctionnent plus non plus.
Nous faisons donc la route dans la montagne, sous la pluie, avec les longues portées en talonnant la 739 qui nous ouvrait la route tant bien que mal car sa boîte de vitesse et son embrayage
faisaient des leurs. A noter que les marrocains n'ont apparemment pas de feux de croisement : on se prenait donc les pleins phares dans les mirettes à chaque croisement de voiture ou de camion.
Nous arrivons tant bien que mal à Marrakech. L'organisation nous donne les instructions pour arriver l'hôtel. Nous nous perdons un peu (normal!) mais nous arrivons à 23h à l'hôtel.
A l'entrée : tapis rouge, sol en marbre, dorures, lustre sur 3 étages, et 4 pauvres pouilleux qui puent l'essence, la crasse et le sable, et qui n'ont jamais été aussi sales de leur vie. Le
contraste un peu gênant pour nous...mais on s'en moque un peu : ON EST ARRIVES !!!
Nous prenons possession de nos chambres, une petite douche et on se couche dans des lits au confort bien apprécié.